Hameed O. Agberemi – Projet de recherche

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« L’Islam et les droits de l’homme »
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PROJETS DE RECHERCHE DES  CHERCHEURS ASSOCIÉS

Hameed O. Agberemi – Projet de recherche | Projets de recherche

L’IMPACT DE LA PROMULGATION DE LA SHARI’A SUR LES FEMMES ET LES NON-MUSULMANS: DISCOURS ACTUELS SUR LES DROITS ET POSSIBILITÉS AU SUD-OUEST DU NIGERIA

Ce projet va explorer les implications de la demande de promulgation de la Shari’a au sud-ouest du Nigeria, envers la construction de la paix et envers les droits des femmes et des non-musulmans. 

Hameed O. Agberemi – Interview

Qu’est-ce qui vous a motivé à entreprendre ce projet de recherche ?

Pour les musulmans croyants, la religion imprègne tous les aspects de la vie, si bien qu’aucun système de droits qui ignore ce fait ne peut obtenir la légitimité nécessaire à le juger digne d’être adopté ou promulgué.  Je crois que les approches laïques qui ne tiennent pas compte de la religion dans leurs efforts de protection des droits de l’Homme dans des sociétés islamiques, sont certaines d’échouer. Un sérieux engagement de la religion, bien que problématique, est inévitable.  Alors que la psychologie politique de la globalisation et de l’hégémonie se répandent de plus en plus chez les musulmans à travers l’exercice du pouvoir sur la politique, les medias et les discours au niveau mondial, on remarque un renforcement des contestations dans les contextes islamiques, surtout à travers une politique de reconnaissance.  Garder le contrôle sur le rôle, l’apparence, et la sexualité de la femme est central à la politique d’identité et de résistance.  Tout aussi importantes, sont la re-définition de l’« autre » non-musulman et l’intensification de la différence, avec une croissance de l’exclusion et des conflits qu’une telle situation génère.  L’activisme des militants laïques en faveur des droits de l’Homme, perçu comme un effort de l’Occident pour imposer ses valeurs aux sociétés musulmanes dans un but d’hégémonie politique et culturelle, est confronté à une vive résistance. La diversité que l’on trouve au sein de l’Islam donne de nombreuses possibilités et ressources permettant à l’Islam de servir d’intermédiaire entre la spécificité et l’exclusivité normalement dictées par la religion, et l’universalité exigée par les droits de l’Homme.  Mais on ne permettra pas que de telles possibilités soient vues commes les symboles d’un programme imposé par des étrangers.  Il est possible et indispensable de parvenir à une telle médiation grâce à un militantisme pratique,  de façon à préserver toute chance de paix, de développement, et de bien-être social au sud-ouest du Nigeria.

Quel est le plan de vos recherches pour ce projet ?

Pendant les trois premiers mois, je vais développer un modèle conceptuel pour tracer les attitudes déjà existantes et planifier mes activités militantes.  Le travail sur le terrain, pendant six mois, va consister à engager des islamistes, des avocats, des spécialistes des sciences humaines, et des activistes pour les droits de l’Homme, afin de mettre à l’essai mon modèle. Pour le moment, je travaille sur le modèle conceptuel.

Quel est le plus grand défi que vous ayez rencontré jusqu’à présent, au cours de vos recherches ?

Le plus grand défi a été de savoir anticiper les problèmes méthodologiques potentiels qui pouvaient surgir lors de l’exécution même de la recherche. 

Au cours de vos recherches, comment vos idées ou votre modèle d'étude ont-ils évolué ?

Au début, mon projet se concentrait sur l’exploration, c’est-à-dire l’évaluation.  Au fur et à mesure il m’a paru évident que l’aspect militant devait être solide pour que le projet ait autant de valeur que je le désirais. J’ai dû reformuler le projet alors que j’avançais.

Quels pourraient être, selon vous, les plus grands défis à relever au cours de vos recherches sur le terrain ?

Le plus grand défi viendra du cynisme qui se fait sentir partout dans la société musulmane, à propos de la place des droits de l’Homme dans un contexte mondial où les effets du pouvoir sont si évidents, les violations des droits de l’Homme si répandues, que même les plus vieux défenseurs des droits de l’Homme ont passé outre à ces mêmes droits et aux lois internationales en toute impunité. J’espère pouvoir surmonter cet obstacle. J’espère également que mon travail sur le terrain ne sera pas affecté trop défavorablement par les problèmes logistiques qui pourraient surgir des crises continuelles que le Nigeria connaît, dans les domaines économique et socio-politique, crises qui vont de coupures de courant et de pénuries de carburant à des grèves totales des travailleurs.  

Quels sont vos projets futurs concernant cette étude ou votre travail dans le domaine des droits de l'Homme ?

J’ai l’intention de continuer mes activités de militantisme à long terme, ainsi que d’écrire beaucoup. J’aimerais aussi commencer à enseigner et être consultant plus tard.

Quels sont les résultats spécifiques auxquels vous vous attendez en conclusion de vos recherches ?

Pour l’instant je ne peux pas déterminer de résultats spécifiques, mais j’attends une confirmation assez prononcée de la légitimité et du caractère réalisable d’un paradigme des droits de l’Homme au sein de l’islamisme, au sud-ouest du Nigeria.

Comment est-ce que votre modèle conceptuel ainsi que votre recherche sur le terrain pourraient-ils être mis en œuvre et communiqués dans des communautés et des contextes divers, ainsi que dans votre pays natal ?

Je vais beaucoup écrire.  J’ai aussi l’intention d’écrire au moins un livre sur le résultat de mes recherches.  On discutera de mon premier livre à différents niveaux du gouvernement, dans la communauté intellectuelle islamique, ainsi que dans une communauté académique plus large.  Etant donné mon activité avec la communauté des études sur la paix et les conflits au Nigeria [Nigerian Peace and conflict studies community] ainsi qu’avec plusieurs groupes islamiques, je crois que mon travail représentera une contribution considérable dans un contexte de transformations sociales continuelles.  Puisque la communauté—dont la grande majorité est composée de musulmans croyants—croit que les droits de l’Homme ne peuvent avoir de signification que quand ils sont liés à la religion, j’attends que mon travail soit une ressource pour les organisations des droits de l’Homme également.

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