Ali Ahmad – Projet de recherche

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« L’Islam et les droits de l’homme »
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PROJETS DE RECHERCHE DES  CHERCHEURS ASSOCIÉS

Ali Ahmad – Projet de recherche   | Projets de recherche

DÉCLARATION DE LA SHARI’A DANS LES ÉTATS NIGÉRIENS DU NORD: LES IMPLICATIONS DES DROITS DE L’HOMME POUR LES INDIGÈNES NON-MUSULMANS

Ce projet de recherche évalue l’extension récente, au Nord du Nigeria surtout, de l’application des lois islamiques, extension dont le but avoué est de régulariser la loi publique.  Le projet prend en compte, simultanément, l’effet de telles extensions sur les droits de l’Homme (particulièrement pour les non-musulmans) dans une société aussi plurielle que celle-là.  Le projet de recherche vise à explorer les différentes façons d’arbitrer les conflits et les contradictions inévitables, qui proviennent de l’application non-analytique et sans regard critique du droit islamique classique dans une société multireligieuse nigérienne. 

Ali Ahmad - Interview

Quel est/était l’aspect intellectuel de votre recherche qui vous a présenté le plus grand défi?

Le plus gand défi réside dans les efforts faits pour traiter le conflit dû au pragmatisme de la déclaration des musulmans nigériens, selon laquelle les aspects publics de la loi de la Shari’a ne s’appliquent pas aux non-musulmans.  La position autoritaire de la Shari’a dit le contraire. Cette position ouvre deux possibilités : soit rechercher une réforme de l’autorité de la Shari’a pour qu’elle devienne plus tolérante envers les non-musulmans, soit adopter la position sans scrupules des états nigériens qui est de soumettre la Shari’a aux tendances commodes actuelles. 

Quels pourraient être, selon vous, les plus grands défis à relever au cours de vos recherches sur le terrain ?

Rencontrer les membres officiels du gouvernement qui sont très réticents à divulguer des renseignements sur les programmes actuels, ainsi que le clergé qui croit que le meilleur service qu’il puisse rendre est de défendre tout ce qui est accompli par les fidèles.

Quels sont vos projets futurs concernant cette étude ou votre travail dans le domaine des droits de l'Homme ?

J’ai l’intention de continuer à rechercher des modalités pratiques pour restreindre les manœuvres interprétatives de la loi islamique par les gouvernements musulmans, dans le but de garantir les droits de l’Homme dans les pays musulmans.


Comment votre modèle conceptuel et vos recherches sur le terrain pourraient-ils être appliqués et communiqués dans différentes communautés et contextes, ainsi que dans votre pays natal ?

En plus des publications électroniques, j’ai l’intention de publier les résultats de cette recherche sous forme de livre, parce que la plupart des gens n’ont pas accès à Internet ou même aux ordinateurs, et l’électricité reste toujours épileptique au Nigeria, même dans les villes principales.  Le livre sera discuté à différents niveaux gouvernementaux et dans les cercles académiques.  J’enseigne le droit islamique dans une université, je fais partie d’un ordre des avocats et je  suis impliqué dans des organisations qui défendent les droits de l’Homme.

Ali Ahmad - Description de la recherche

En 1999, douze états du Nord du Nigeria ont commencé à étendre l’exécution de la Shari’a. Leurs démarches pourraient être les changements les plus importants et controversés des lois nigériennes depuis plusieurs années. Même si la population musulmane est majoritaire dans tous ces états, il y vit aussi des populations non-musulmanes, notamment chrétiennes.  Le but de cette étude est d’examiner les effets de cette nouvelle mise en place de la Shari’a sur le pluralisme en général, et sur les droits constitutionnellement garantis des non-musulmans en particulier.


Le Nigeria est une fédération de trente-six états, avec une constitution fédérale garantissant les droits de l’Homme fondamentaux pour toutes les religions et croyances.  Une tension apparente règne entre les clauses constitutionnelles des droits de l’Homme et le système juridique qui tend à créer des différences basées sur la religion.  Pour répondre à cette tension, toutes les lois de la Shari’a déjà promulguées ainsi que leurs procédures, déclarent s’appliquer exclusivement aux musulmans.  Cependant, dans la pratique, la loi arrive à toucher les non-musulmans, et ce légalement, politiquement et économiquement.  En conséquence de la controverse que ceci provoque, des conflits entre les deux camps continuent à éclater, à engendrer de la violence, des incendies criminels et des assassinats. 

Cette étude se distingue par le fait qu’elle se concentre sur les non-musulmans natifs de tous ces états. Pour l’instant, personne ne se plaint des discriminations ouvertes et réciproques infligées aux Nigériens qui désertent leur état natal pour gagner leur vie dans un autre.  Pour être utile, cette étude n’est centrée que sur les non-musulmans qui ne migrent pas, mais sont indigènes d’un état particulier.  Cette recherche portera sur une étude en profondeur de trois états : Zamfara, qui donne le rythme de la nouvelle mise en application ; Kano qui est le centre social, commercial, et politique des musulmans ; et Kaduna où, contrairement aux deux états précédents, la proportion de musulmans par rapport aux chrétiens est plus serrée.

D’un point de vue méthodologique, cette étude comportera des interviews personnelles et approfondies de tous les participants dans les états retenus, et j’organiserai un atelier de dialogue interreligieux.  Je passerai en revue des décisions judiciaires impliquant musulmans et chrétiens sur des questions concernant les droits de l’Homme, et je ferai une analyse détaillée du fiqh ou droit islamique historique.  Ces recherches auront pour but de suggérer un mode d’intervention qui serait légitime, à la fois au niveau constitutionnel et au niveau islamique, sur des sujets qu’abordent les administrateurs et les parties prenantes.  J’ai l’intention d’écrire un rapport sur les résultats de cette étude, puis d’en faire un livre pour permettre aux Nigériens d’y avoir un accès facile, car ils n’ont, pour la plupart, pas accès aux medias électroniques.  Ce livre pourrait également être utile aux groupes qui travaillent dans le domaine des droits de l’Homme et du droit islamique.

Images de la présentation—Réconcilier le droit publique et la Shari’a avec les droits des minorités non-musulmanes au Nigeria, le 18 novembre 2003

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Ali Ahmad— Développement / Formation / Se faire des contacts

Le Programme de recherche « L’Islam et les droits de l’Homme » de l’Université d’Emory m’a beaucoup aidé, notamment en soulevant des questions d’ordre pratique pertinentes à la réalisation des objectifs de mon projet de recherche.

La bibliothèque de droit et surtout la bibliothèque principale m’ont été très utiles.  Les bureaux et les avantages de la résidence universitaire ont contribué à faciliter ma concentration sur ma recherche.  J’ai aussi participé au Séminaire professoral Sawyer-Mellon, dont le sujet était le conflit, et qui était organisé par le département des études africaines de l’Université d’Emory.  J’ai présenté un article de discussion intitulé « Vivre avec le conflit : la Shari’a et un Nigeria uni ».  J’ai rencontré la plupart des professeurs du programme « La religion et les droits de l’Homme ».

J’ai aussi assisté à une session sur les droits de l’Homme organisée par un organisme humanitaire à Atlanta, qui est actif dans les pays en voie de développement, et m’a beaucoup aidé.